gruyeresuisse

04/12/2015

Delphine Sandoz : l’air de rien

 

Sandoz.jpgDelphine Sandoz, Galerie Omnibus, Besançon, novembre-décembre 2015.

 

Delphine Sandoz semble ne rien imposer : ou plutôt juste ce qui peut être utile. Mais dans « l’à peine ». Objets et visages flottent dans l’aire du cadre et l’air de ses acryliques. Les œuvres sont faites de superpositions. Alternent et cohabitent des formes plus ou moins évanescentes comme autant des « revenants » imprévus, instables loin de revêtements ornementaux ou de protection. Chaque peinture interroge la relation entre forme et fond. Tout se complexifie en différents types de fluides. Ils se refusent à accepter une vulgaire mission de servitude représentative tout comme celle de sacrifier au coupe gorge de la peinture à thèse.

 

sandoz 2.jpgDelphine Sandoz se dégage de telles impasses et poursuit son travail éloigné de la « confection » d’images toutes faites qui ne chercher qu’à flatter. Il existe là ce que Schopenhauer demandait à l'art : " la suppression et l'anéantissement du monde ». Ou tout au moins son détournement. Face aux images solaires du monde la Lausannoise opte pour l'émergence d'images plus « léthéennes » et énigmatiques. Le mystère demeure. Et pour cause : l’artiste cherche à traquer l’incompréhensible. Surgit de la sorte une image sourde où l’identité du monde et de l’être reste un abîme. L’artiste fait de ses œuvres le réceptacle pour y puiser un sens.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

14:04 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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