gruyeresuisse

26/11/2015

Fabienne Verdier l’image qui revient

 

 

Verdier.jpgFabienne Verdier, galerie Pauli, Lausanne, novembre-décembre 2015.

 

Le courant des masses et des gestes crée chez Fabienne Verdier des traversées de couleurs et de signes sur la surface des supports. Le regard est face à un mur mouvant. L’ « anonymat » de l’abstraction éveille une autre image en son sein. L’apparition devient un pré-carré pour faire l’épreuve d’une réalité enfouie. Ce que projette l’artiste est une image sourde qui revient et exulte. Au-delà de la narration la peinture crée une suite d’« histoires entravées » à la conquête de vastes surfaces : temps plein, temps mort se succèdent sous l’averse de la couleur et les signes inconnus qu’elle crée.

 

Verdier 3.pngSur le grand lit du support les formes sont à vif. Elles règlent l’espace par des balayages. Exit l’humain : ne restent que ses traces. Elles s’élancent loin de l’indolence. Tout est grandiose mais « intranquille ». Surgit un travail de mémoire dont les clés nous échappent et dont la calligraphie ne renvoie pas à un autre langage mais à la peinture elle-même. L’espace est soufflé de hantises plus que de survivances. Verdier 2.pngAu sein de la densité se créent des ouvertures secrètes, des passages étrangers, des signes ou plutôt leur marque manquante. Le silence résonne en ce qui devient une localisation décalée. Un long processus d’empreinte tient de l’exhumation. Existe un état simple de la peinture et son état exalté. Les images refusent leur destin à l’évidence pour le confier à l’énigme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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