gruyeresuisse

13/11/2015

Le « ça voir » de la jeune photographie suisse

 

Suisse photo.jpg« UPHO by night !  – Jeune photographie suisse », LAC Local d’art contemporain Anciens Fossés 8, Vevey

 

La jeune photographie suisse à travers le collectif PHO (7 artistes de l’ECAL dont Anaïs Boileau) casse la certitude des limites du réel : des désirs de voir peuvent partir  dans des directions inconnues. Certes – et c’est rassurant - tous les créateurs ne mettent pas ici leurs pieds sur les mêmes plans ou « sabots » (dont parfois peuvent surgir le bout de l'orteil). Une femme dore au soleil sur un drap de bains qui devient un grill. Que voyons-nous en de tels segments sinon la perte de commande des êtres sur leur vie au sein d’enquêtes filées mais dont la trame s’effiloche ?

 

Suisse photo 2.jpgLoin de la nostalgie, l’absence est questionnée dans la photographie et son “ ça voir ”. Le réel est en reprise parce qu’il n’est d’une certaine manière toujours et forcément qu’effleuré, approximatif même si les photographes suisses sont dedans et ne s’en remettent pas – d’où leur insatisfaction et leur nécessité de créer. Ni déniée, ni réfutée la réalité surgit en sur-vivance - ce qui ne représente pas pour autant un nouvel âge mais un approfondissement. La photographie s’implique comme l’absente, la retirée, l’endeuillante qui tente pourtant de reconstituer un “ ensemble ”. Elle est ici insolente mais ne desserre pas les dents : elle ne met rien dans les mots, elle n’en n’éprouve pas le besoin puisqu’elle « parle » d’elle même.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

08:56 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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