gruyeresuisse

05/11/2015

Jean-Luc Parant le boulimique (De l’autre côté de la frontière)

 

 

 

 

 

Parant bon.jpgJean-Luc Parant, "Eboulement", Musées de Beaux Arts de Chambéry,  7 novembre 2015 - 7 mars 2016

 

 

 

 

 

 

Avec l'œuvre de Parant le recours à une forme de métaphore esthétique devient apodictique. Le renouveau créateur est induit par l'usage basique de la boule. Elle ramène au jour les notions de hasard et de lourdeur introduites dans les années 1910 par Marcel Duchamp. A côté d'artistes comme Robert Morris (aux USA) ou Bernard Venet en France) Parant (d’abord avec sa femme Titi puis en solo) a été parmi les premiers à poser le rejet de la forme fixe, de l'instabilité de l'organisation, de la prise en compte de l'aléatoire. Les tas de boules deviennent la production forte et quasiment unique qui évite paradoxalement la cohérence statique d’un système clos sur lui-même.

 

Parant bon 2.jpgLa boule pourrait a priori faire penser à quelque chose de fermé. Or ces volumes ronds forment le point de départ d'une réflexion qui par étapes successives d'organisations et selon les modalités d'une démarche progressive (comme le prouve l’exposition de Chambéry)  pose comme principe absolu le principe de la monosémie de l'œuvre d'art.  Les boules sont suffisamment significatives pour que s’y distinguent des points d'ancrage et de rayonnement.Parant bon 3.jpg L’artiste y intègre des notions fondamentales d'ordre et de chaos sur lesquelles d'autres travaillent parallèlement (instabilité, improbabilité, turbulence des éléments par exemple chez Jannis  Kounellis, Richard Serra, Bernard Pagès, Giuseppe Penone). Mais chez Parant l’amas exprime - au sein du statisme - le mouvement. De même que l'idée de l'isolement, du repli, de l'écart mais aussi de la masse. Les boules incarnent autant donc autant l'épopée crusoéenne, le tumulte de l’être que la cité nouvelle à construire.

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

14:55 Publié dans Images | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Cette monosémie de l'intelligente poésie du critique JPGP investi par le talent de Jean-Luc Parant aurait sa place sur Facebook Musée des Beaux-Arts de Chambéry .

Écrit par : Villeneuve | 05/11/2015

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