gruyeresuisse

26/10/2015

Sylvie Mermoud voyante et réservée

 

 

Mermoud.jpgSylvie Mermoud, « Panorama », 22 octobre - 15 novembre, Space-Station, Lausanne.

 

 

 

Sylvie Mermoud vit son art en toute discrétion. Trop peut-être. Certainement même. Mais, et comme on dit, on ne se refait pas. Venant d’un village lémanique elle dut se battre face à des proches pour qui  l’art n’était qu’inutile et superficiel bref un passe-temps. Oubliant de « constat » l’artiste avance à l’ombre d’artistes tels que Rembrandt et Turner pour les classiques, Louise Bourgeois et Anish Kapoor pour les plus proches de nous. Néanmoins, trop discrète, elle  sacrifie  au  « besoin de faire supérieur à celui de montrer ». Il faut le regretter. Car l’artiste permet des découvertes. Son travail reste en perpétuel devenir comme le prouve le micro-espace expérimental de la Space-Station où avec « Panorama » l’artiste présente un agencement de dessins en évolution, en devenir.

 

 

 

Mermoud 2.jpgEntre complexité et légèreté ils fondent une traversée en cassant par leur agencement le jeu classique de la représentation et de la construction. Une nouvelle fois Sylvie Mermoud propose une narration subtile dans laquelle la lumière accorde au paysage « l’envie que la journée à venir soit belle ». L’imaginaire est sollicité en un temps d’arrêt dans un lieu de passage grâce à 7 dessins. L’encre et la couleur créent des dérives entre ce qui tient à la fois du paysage et du corps. Au regardeur de se plier aux injonctions que les images profondes et sourdes offrent dans le refus du moindre « coup » ou effet.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

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