gruyeresuisse

14/10/2015

Pedro Friedeberg le dernier surréaliste mexicain

 

freud bon.jpgL’œuvre de Pedro Friedeberg ( visible sur le site Dogma ) fut repérée entre autres par un assemblage intitulé   «  Los Hartos, The Fed Up » (1961). Cet ensemble incluait une sculpture de Mathias Goeritz à côté de celui qui reste désormais comme un des rares surréalistes vivants. Dès l’époque le Mexicain s’élevait contre ce qu’il nomme « la vulgarité et le répétition des arts tels ceux de Andy Warhol ». Il mettait déjà dans le même panier les simplifications de Donald Judd et l’ennui d’un Rothko. Il y avait chez eux ce qui dérange encore  Freideberg. Pour lui les artistes  devraient faire preuve de culture et de talent mais ceux qui ont pignon sur rue lui paraissent stupides, narcissiques et barbants. Il pourrait citer cent noms mais cela dit-il le laisserait sans amis. Tout se résume désormais à des publi-reportages, du « fun », et de l’egomania galopante. Il n’existe plus de temps et de lieu pour une créativité authentiquement intelligente et une profondeur philosophique dans un monde où la vie privée est complètement élaguée par  les téléphones portables et le Net.

 

freud bon 2.jpgSelon Friedeberg la technologie supprime les vrais correspondances comme celle qui l’artiste a entretenue avec Duncan Fallowell,  l’artiste fluxus Ray Johnson (pionnier du Mail Art), Anna Banana ou encore Irene Dogmatic. La technologie reste donc à la base d’une facilité qui détruit non seulement la confrontation communicante mais l’art. Néanmoins le surréaliste garde pour autant des artistes chers à son cœur : Alan Glass, Leonora Carrington, Xul Solar, James G.Flynn, Carmen Gutierrez, Zachary Selig, Diana Friedeberg et ajoute-t-il « lui-même ». Freudeberg cherche toujours son inspiration du côté de Oaxaca et reste inspiré par la musique de Boccherini. Esthète, marié quatre fois, séducteur il fut le seul avec  Frida Kahlo pour être tenu par André Breton  comme un des vrais surréalistes parmi les nombreux artistes mexicains qui revendiquaient ce titre. Fasciné par De Chirico et Escher il reste obsédé par le monde parallèle et celui des miroirs, les icônes et totems qu’il collectionne.  Plus que purement surréaliste son univers est métaphysique et psychédélique : Op art en quelque sorte et selon une liberté absolue. Elle offre tout un processus cathartique dans des œuvres qui peuvent se « lire » comme une succession de mantras et de mandalas hypnotiques.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:16 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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