gruyeresuisse

29/09/2015

Images et sons : Andrea Bianconi

 

Bianconi.jpgPendant une performance de dix minutes qu’il produira plusieurs fois Andrea Bianconi va  rester avec plusieurs appareils stéréo autour de lui. Ils vont jouer chacun et en même temps différents titres toujours significatifs dans la vie de l’artiste. Michael Jackson, Luciano Pavarotti, Aretha Franklin, Domenico Modugno, Bob Dylan, Gloria Gaynor et Eugenio Finardi seront les héros d’une « fable » par laquelle le créateur cherche une symphonie sonore : l’ordre y règne mais il est renversant. C’est un théâtre chimique et alchimique. Le « spectateur-auditeur » glisse d’un inconnu vers un autre.  Il y a des arrêtes, des plis, des vallons sonores. En surgissent parfois de la pure cacophonie, parfois des épisodes harmoniques dont les pointes dressent leur pal. L’œuvre développe une suite de plages intermédiaires et de changes.  Le trajet de la performance est la base d’un trajet sonore et visuel. La difficulté d'en parler tient à ce réel et ce virtuel. Existe le déplacement de l'un vers l'autre mais un déplacement-instant et dans le présent. La performance le fixe sans pour autant retenir vraiment. Celui dont les ailes ont poussé et qui se veut proche d'Houdini recherche donc toujours l'émission de formes ou de sons intempestifs. Ils  traduisent le réel tout en le détournant de ses assises. Ce déplacement impose un complet dépassement. Il fait émerger de l’autre : le machinique, industrialisé, préenregistré comme le plus sauvage qui en échappe en de telles confrontations.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Andrea Bianconi « Too much », performance sous l’égide de Barbara David Gallery au George R. Brown Convention Center, Texas Contemporary Art Fair, Houston, Octobre 2015. Le CD - produit par Barbara Davis Gallery et Andrea Bianconi - “ My Song” reprend les 7 morceaux de la performance.

 

 

 

28/09/2015

Facéties et vertiges d’Heinrich Lüber

 

Lueber.jpg« Focus Heinrich Lüber », Centre Culturel Suisse de Paris, à partir du 6 octobre 2015.

Heinrich Lüber poursuit depuis des années un travail de performance qui vise à positionner le corps dans l'espace, créant des relations incongrues avec l’environnement architectural ou naturel. Il crée des mises en scène magistrales en se mettant en scène dans des situations souvent extrêmes - sur des façades d’immeubles, sur des toits, fixé à des structures. Prenant la forme de tableaux vivants, les performances impressionnantes montrent le corps de l’artiste en  différentes postures. Toutes défient toutes les lois de la gravité. L'artiste y semble parfois en lévitation sur une façade d'immeuble par l'intermédiaire par exemple d'une grosse boule blanche qu'il n'effleure que du bout des lèvres.

Lueber 2.jpgDe tels tours de passe-passe, de trompe-l'œil - qui semblent des trompes la mort - donnent l’impression de repousser les limites physiques tout en questionnant avec humour l’état humain. Les performances mettent la perception des spectateurs en suspens là où l’artiste ne cherche jamais à donner de réponses. Heinrich Lüber se veut simplement un conteur d’histoires « courbes ». Elles sont éloignées autant de la pesanteur que de la raison. Le plasticien propose donc un tournant et une alternative nouvelle à la performance dont les figurations prennent une forme de monumentalisation intempestive ou/et de farce.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

27/09/2015

Les Editions Fleurs bleues en transit à Lausanne


Fleurs.jpgLes Editions Humus à la Librairie Humus, Lausanne, le 3 octobre 2015.

 

 

Quittant (provisoirement) Fribourg les Editions Fleurs Bleues sont invitées par Humus pour présenter leurs nouveautés. A savoir trois livres d’enfants pour adultes : « Madame Bigote » de Delhume   (texte Saint Georges et Mister P),   « Madame Casse-Couilles » de Rustre , (mêmes auteurs) et  « Planches à ressasser » d’Olivier Zappeli (texte de Marc Boivin). L’ensemble crée une réflexion comique sur certaines questions inhérentes à l’être comme à l’approche du dessin.  En surgissent des images d’un désir viscéral de liberté pas forcément voluptueuse vu le propos. Des histoires au poil ou aux petits oignons  permettent de renverser les pouvoirs de certaines femmes dont les consolations sont des supplices. Auteurs et dessinateurs créent des métamorphoses iconoclastes là où la doxa plastique est remplacée par la facétie aux délectations et incartades salutaires.

 

 

Fleurs2.jpgElles stimulent la pensée sans ramollir les mauvaises consciences. La Bigote boit des tasses athées et la Casse Couilles  claquette en talons hauts. Le lecteur-voyeur est moins curieux de regarder sous leurs jupes que de comprendre comment beaucoup tombent avec elles dans les beaux draps. Grâce aux éditions Fleurs Bleues il pleut non des pétales de roses mais des cordes de rire là où les Barbie Girls  d’un genre inédit  provoquent des inoculations excentriques. Sissi n’est plus ici : chaque femme devient un boulet qui organise des communautés particulières. Quant au mâle lui même il est sur la sellette qu’il soit sur terre ou dans les airs : répond un féminin bricolé dans des coulis où les envols d’hirondelles ne font pas forcément le printemps des amours.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret