gruyeresuisse

26/09/2015

Liu Ye : tout oxymore est un pléonasme

 

 

 

 

 

Liu Ye.jpgLiu Ye, "Catalogue raisonné, 1991-2015",  Editions Hatje Cantz, 400 pages, 58 E., 2015. Œuvres de l'artiste au Kunstmuseum de Berne.

 

 

 

Liu Ye explore un monde étrange : individus, objets, formes  évoluent dans des scénographies sourdement tourmentées est pleines de fantaisie. S’y mêlent douceur et violence, ironie et érotisme dégagés d’inhibition, de peur, de préjugés. Au regardeur de faire preuve du même abandon. L’artiste construit chaque œuvre comme un scénario de film mais à la manière des maîtres anciens. Il joue d’un certain baroque et d’une forme de maniérisme mais aussi d'un minimalisme figuratif. Souvenirs, lectures, images aperçues sur Internet lui permettent de trouver son « inspiration ».

 

 

 

Liu-Ye.jpgPour Liu Ye l’important n’est pas  d’où viennent les motifs, mais plutôt ce qu’ils deviennent. Ravi d’inventer des histoires l’artiste instruit le renouvellement du désir quelle qu’en soit la nature. Il projette dans un espace des limites sans que nous sachions si nous restons en dedans ou si nous sommes déjà au dehors. Cultivant les inverses il prouve néanmoins que tout oxymore - visuel ou non - est un pléonasme : aux occis et au morts ils préfèrent les vivants même s'ils demeurent prostrés dans une certaine attente.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.