gruyeresuisse

04/09/2015

Rachel Labastie : avec le temps

 

 

 

labastie.jpgA travers ses mises en espace de ses œuvres ambitieuses, profondes, habitées et dans leur radicalité, Rachal Labastie crée un appel du temps. Mais sans vision passéiste. Les objets exhumés sont moins des reliques que des « opérateurs » capables de pousser à la réflexion. Dans leur théâtre de majesté coulisse par fragments (ailes, roues de charrettes par exemple) de quoi toiser le regardeur. Installations et sculptures n’appellent pas plus la caresse, qu’elles ne caressent les fantasmes. Chaque œuvre provoque des interrogations par les histoires qu’elle rameute tout en signalant  le constat du déclin de monde et de l’art lorsqu’il cultive la mollesse.

labastie 2.jpgLes travaux de Rachel Labastie ont donc beau être des fantômes : dans leur fixité ils secouent le regard. L’artiste ne cultive pas le charme mais des visions  dont il faut subir l’impact.  Il convient de se laisser emporter en une sensation de vertige pour la pure émergence. Elle est proposée non pour supporter l’existence mais pour la soulever dans son interrogation sur la notion de temps. Les vestiges du passé suggèrent une critique de notre époque malade de ses doutes et de ses peurs. De telles œuvres  ne servent pas à « faire joli ». Elles tapissent l’espace de leur présence, de leur empreinte afin de créer l’arête du seuil entre passé et présent et contre l’oubli.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

L’artiste est représentée en France par la Galerie Odile Ouizeman (Paris) et en Suisse par la Galerie Analix Forever (Genève).

 

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