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14/08/2015

Gaël Duvert : Marylin n’est plus ici (de l’autre côté de la frontière)


 

Duvert 3.jpgGaël Duvert, Exposition, Galerie Mottet, Rue Croix d’Or, Chambéry,  du 17 septembre au 31 octobre 2015.


 

Avec Gaël Duvert les canettes de métal prennent une seconde vie bien moins éphémère que la première. Elles volent dans les plumes de l’art et glissent en eau trouble la mythologie du temps. La « Tête de mO, gloss et paillette »  de l’artiste transforme le visage de Marylin Monroe en une sorte de vanité (tête en partie de mort) mais construit aussi un autoportrait sublimé du créateur. Entre recup-art et pop-art l’artiste découpe puis déroule  les canettes afin de les laminer tout en conservant leur couleur distinctive avant de le strier et les coller selon une marqueterie très particulière.

 

 Duvert 2.png

 

Dénaturées, détournées les canettes deviennent des pièges à regard.   De leur chausse-trappe émane une poésie sans condescendance des mythes de la modernité. Marylin prend un goût de fraise sans fraise selon l’hallucination inventée par Duvert. Chaque portrait est comme une sorte de perle échouée  mais dans laquelle ne se distingue plus la matière dont elle est fabriquée. Duvert.pngLes corpuscules, les lamelles de matière sont métamorphosées afin de donner à la vanité (à la fois comme genre et comme symbole de celle accordée aux « stars ») une force de vie capable de signifier l’indicible. Il assure la prise sur les illusions des images fabriquées de toute pièce par les bandes qui les remplacent. Soudain la poésie visuelle offre une  variation en tierces et secondes plus « parlante » que l’harmonie première qui sert de base à de telles créations.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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