gruyeresuisse

02/08/2015

Richard Müller : natures secondes

 

 

 

Richard Muller 2.pngNatif de la ville Suisse de Schaffhausen et travaillant aujourd’hui à Paris, Richard Müller s’intéresse au paysage afin de mieux le brouiller mais selon une observation et une re-présentation minutieuses. Cela ne fait donc  pas  de son travail une approche  hyperréaliste puisque ce que Peter Panyoczki nomme « le flou croissant » semble dominer.  Dans ses œuvres le paysage est aussi grandiose que réduit, loin et proche. Entrer dans les sous-bois de l’artiste revient à pénétrer à notre tour en état de seconde nature. Le paysage devient  abstrait même s’il demeure un lieu incarné en tension. Sans la moindre anecdote, l’image circule en liberté. S’y engage tout le mental et l’émotion dans la conjonction de l’espace et la manière tant l’artiste croise le réel et une sorte de subjectivité par effet de buée.

 

Richard Muller.pngPoétique par excellence l’œuvre ne cherche pas la séduction mais une précipitation picturale selon différents effets de « pigmentations » et de leurs particules. La nature devient un champ magnétique d’une sensualité aérienne, diffuse. Demeure aussi une puissance tactile là où Richard Müller n’est pas dominé par le paysage de la nature. A l’inverse il ne cherche pas à la contraindre. Le fantasme est remplacé par le mythe : un mythe forestier parfois aqueux repris en une prégnance abstraite. Une telle esthétique crée la véritable rencontre et la sortie du temps. Elle devient la recherche d’un parcours à l’ombre des saisons. C’est aussi une traversée, un gouffre de sensations. La gravité est là mais s’y renverse.

 

 

Œuvres de l’artiste : Richard Müller, « Natures vénéneuses », Galerie la Ferronnerie, 40, rue de la Folie-Méricourt, Paris 11ème.

 

09:53 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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