gruyeresuisse

31/07/2015

Entre l’organisme et l’abstrait : les brouillages d’Eva Ducret

 

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Eva Ducret sait que  le réel reste sans réalité : sa nature même n'est pas matière à représentation directe. L’artiste le provoque pour le faire parler selon divers torsions, intrusions, incrustations, surexpositions d’éléments adjacents. Cela crée de paradoxaux interstices en une suite d’  « écrans ». L’artiste introduit les pièges propices au glissement de l'illusoire vers le mental en ménageant des territoires "virtuels" pour développer un dérangement optique et déplacer le centre de l’émotivité visuelle vers quelque chose de plus profond.

 

L'oeuvre reste un fabuleux théâtre en tant que sublimation de la réalité. Un certain absolu apparaît mais avec ironie et le juste degré d’outrance baroque. Relevés ou caviardés les hauts reliefs du réel deviennent les figurations qui unissent de façon aiguë  l'abstrait et le figuratif en des oeuvres produites tant par l'affect  que par l'intelligence. Ses séries représentent des moments rares, brouillés ou réduits à l’état de bacilles enfoncés dans les idées. L’implant en place tout se met à bouger : l’artiste conserve de l’apparence que ce qui en a coulé.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Eva Durcret, galerie « Les maisons du ruisseau », Conlihac-Corbières, été 2015.

 

13:12 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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