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21/07/2015

Regeneration3 : du rififi dans la photographie

 

 

 

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Regeneration/3, Quelles perspectives pour la photographie ?, Musée de l’Elysée, Lausanne, été 2015

 

 

 

 

 

regeneration 2.pngReGeneration  est l’un des évènements phares du Musée de l’Elysée. La première édition fut créée en 2005. Pour son 30e anniversaire, le Musée organise la 3ème version en illustrant le caractère plurivoque de la photographie. Les plus grandes écoles d’art de la planète ont répondu à l’appel d’offre de l’organisation. Parmi 400 dossiers le jury a sélectionné 50 artistes venus de 25 pays. La  production artistique émergente est classée selon trois « variations » : diversité des approches pour traiter le document, question de la mémoire, richesse  des formes inspirées par l’histoire du médium et de l’art. L’exposition est complétée d’un « catalogue » co-édité avec Skira et  créé par l’atelier Supero selon une superbe modernité graphique. De jeunes photographes suisses (Simon Rimaz, Giaccomo Bianchetti) se retrouvent en phase avec une nouvelle génération dont on retiendra  Rachel Cox (USA, photo 2), Nobukho Naqba (Zambie, photo 3), Robert Mainka (Pologne) ou encore Li Zhi (Chine).

 

Regeneration 3.pngLes œuvres sont toutes intéressantes car elles jouent d’un risque esthétique et parfois politique. L’ironie côtoie aussi la gravité. Certaines photos ne se laissent pas saisir au premier regard. Elles  semblent cacher plutôt que de montrer. Néanmoins, et dans ce cas, il s’agit de reprendre la seule problématique de l’art : montrer moins afin de voir plus dans le presque rien qui hésite et s’interrompt comme si l’aveu d’une certaine « impuissance » de l’expression était le comble de la maîtrise. Les jeunes photographes font donc preuve de précision dans leur construction et d’intensité dans leur propos. Voilà sans doute pourquoi  une telle exposition ne se quitte qu’à regret. Elle nous habite en devenant le lieu où  - et s’il fallait le synthétiser - le langage crée un monde débarrassé de figures somptueuses. Regeneration  non seulement porte bien son nom mais dresse à sa manière non un mur mais une suite d’échancrures où le réel crisse.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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