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08/07/2015

Christian Garcin : de Lausanne à Pékin

 

 

Garcin 2.jpgChristian Garcin, « Le Lausanne - Moscou - Pékin », La Baconnière, Genève, 2015, 120 page, 12 E.

 

En hommage à « La prose du Transsibérien » de Blaise Cendrars et pour le centenaire de sa publication, Christian Garcin  a refait suite à un projet de la Radio Suisse Romande le voyage mythique. En fin de parcours l’auteur fait astucieusement se rencontrer le poète suisse avec un « confrère » qu’il aurait pu croiser en Chine : Victor Segalen. Ce rapprochement permet à l’auteur d’expliquer que le « vrai » voyage n’est pas plus un déplacement du corps que la recherche de l’exotisme. C’est « une matière brute à pétrir par l’éclat de la langue ».

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Dès lors la notion d’«écrivains-voyageurs » - si elle peut habiller Nicolas Bouvier - ne convient pas pour les deux poètes. Et lorsque Cendrars perçoit dans

« le grincement perpétuel des roues

Les accents fous et les sanglots

D’une éternelle liturgie »

il s’agit - passant d’un monde à l’autre – de se heurter à soi afin, par la confrontation à l’altérité, de traverser les frontières de l’inconscient toujours plus difficiles à franchir que celles des pays. Voyager en effet ne revient pas à ramener du pareil et du même mais rameuter du fond de soi ce qu’on ne soupçonnait pas encore. A l’époque de Cendrars et comme le rappelle Garcin la possibilité de ce transit « intestinal » était plus libre qu’aujourd’hui. Pour passer d’un pays à l’autre « nul passeport était nécessaire, une enveloppe timbrée portant votre adresse et le tour était joué ». Raison de plus pour accompagner sans soucis l’auteur dans son périple et par procuration s’offrir une introspection.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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