gruyeresuisse

06/07/2015

L’étrange jeu du chat et de la souris de Charlie Engman

 

 

Endgman 2.jpgLe jeu qu’a inventé le célèbre photographe Charlie Engman avec sa mère pousse à de multiples interrogations. De sa génitrice il dégrafe bien des chemisiers, entrouvre ses vestes et  ses robes. La mère semble vouloir (parfois) se dégager du regard du photographe. Mais celui-ci furète, détourne, gravite, ose la nudité de la génitrice et  l’émoi qu’il suscite. Le visage de la captive est toujours offusqué néanmoins elle se prête au jeu. Avec une certaine luxure et un instinct féminin et maternel elle comprend l’audace et le tourment de son presque martyr de fils. Pour lui l’équinoxe des images et ses accords de voluptés doit s’accorder au plus brulants des sujets : celui de la première femme dont il ne connait que ce que Quignard nomme « la nuit sexuelle ».

 

Endgman 3.jpgA travers ses repères figuratifs ne jouent-ils pas métaphoriquement parlant les « re-pères ».  Le jeu en vaut-il la chandelle ? Certes l’inceste est remisé eu égard à l’homosexualité du photographe. Néanmoins la froideur et la chaleur d’Eros se mêlent dans une étrange chasse où le regardeur est  soumis à un régime particulier qui va de la fascination à la gêne face à un corps dont Engman se réserve l’image pour se consoler de la chose… En feignant de ne pas y toucher il peut toutefois  s'abandonner aux délices de l'entre-deux. Il ne cesse de faire tressaillir l'onde d'une mère-algue caressée doucement par la lumière selon une gamme érotique ponctuée d'arpèges où le vide prend toute la place mais reste aussi une forme de plein.  

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

11:10 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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