gruyeresuisse

03/07/2015

Caroline Chevalier : un grand besoin de pureté

 

 

 

 

 

Chevalier.pngChez Caroline Chevalier le corps n'est jamais amoindri ou "sali". Sans être détaché du réel il s'en dégage. L'immobilité ne pèse  plus sur lui. Le temps s'arrête là où le corps est plus serré que l'oubli. Pour autant il reste  libre en des gestes rompus ou retenus. Une beauté vaporeuse domine et rapproche de la spiritualité. Caroline Chevalier crée des cérémonies du silence là où le présent devient sans terre, où le corps perd sa lourdeur. Il sonde le vide : le regard pénètre dans la pensée, le vide disparaît dans le corps qui pour autant ne répond pas à une simple logique du rêve.

 

Chevalier 3.pngReste le trouble étrange où le corps déplace la pensée, repousse les fantasmes et ses limites charnelles afin de proposer des audaces plus conséquentes. Le corps habite toutes les formes où vivre est autant se vider que se remplir dans un mouvement que l'artiste poursuit, approfondit.

 

Oui, le corps se remplit de "vide" et se vide de ses limites. Se vider n'est pas disparaître, c'est effacer certains archétypes pour ramener à une sorte d'essence du féminin. Exit le psychologisme de la douleur ou du plaisir. Se montre sans doute quelque chose du désir mais il ouvre sur d'autres lieux que la chair.

Chevalier 2.pngLà où la femme s'érige surgit une limite, un intouchable. Plutôt que miroir la photographie devient le moyen au regardeur de faire entrer en lui son propre vide, un vide qui laisse la place à la méditation plutôt qu'au songe creux. La présence est aussi "absence"  mais elle sonde le réel, elle ne le quitte pas.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:41 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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