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01/07/2015

Election au Mamco : Lionel Bovier prophète en sa ville

 

 

Bovier.jpgLionel Bovier va prendre la direction du Mamco à la fin de l’année en succédant à Christian Bernard. Il y a une suite logique avec une telle nomination eu égard les ambitions de l'institution. Ayant racheté à Michael Ringier collectionneur et patron de presse sa maison d’édition, Lionel Bovier (naguère enseignant et curateur) a créé en quelques années avec JRP (dont le nom  est constitué des  initiales de « Just Ready to be Publlished » et dont le logo est dû à Francis Baudevin) )  un catalogue particulièrement pertinent de 200 titres sur l’art contemporain ponctué de best-sellers :  catalogue de l’exposition Fischli & Weiss tiré à 20000 exemplaires par exemple. JRP Ringier est devenu le premier éditeur d’art contemporain en Suisse. La part belle y est faite autant aux jeunes artistes qu’aux « anciens » plus reconnus. S’y croisent aussi bien John Armleder qu’Albert Oehlen,  La dynamique de la maison d’édition va devenir celle du Mamco car Bovier y développera la même énergie et les mêmes ambitions. Il y suivra sans doute ceux qu’il n’a eu  cesse de défendre : auprès de l’Ecal de Lausanne par exemple. Ouvert à bien des postmodernités comme aux mouvements récurrents de l’art contemporain  le futur directeur aura de quoi enrichir les collections et les expositions de son institution ouverte tant sur la Suisse et sa jeune création que sur le monde.


Bovier 2.pngLionel Bovier en effet n’a « jamais fait du suisse simplement parce que c’est du suisse ».  Et les artistes helvétiques qu’il défendra supporteront sans peine la concurrence internationale. Il a par ailleurs le mérite de bénéficier d’un réseau international conséquent. Christophe Chérix avec lequel il lança JRP est conservateur du cabinet des estampes du MoMA New York. Les collaborations internationales initiées par Christian Bernard n’en seront que renforcées. Ajoutons que l’éventail des goûts du futur directeur est large - d’Hedi Slimane à Bryan Ferry. Bovier cultive une passion  pour la pop culture mais  sait dégager le bon grain de l’ivraie. Refusant d’éditer un livre sur les peintures plus que douteuses de David Lynch il  reconnaît en  «Blue Velvet» un film majeur pour l’histoire de l’art. Le nouveau directeur du Mamco comme son prédécesseur sera donc de ceux qui fiers de leur liberté ne la galvaudent pas. En l’honneur de sa ville de naissance il saura sauvegarder un esprit critique affûté, seul richesse sur le plan artistique, d’un directeur digne de ce nom.


 

Jean-Paul Gavard-Perret


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