gruyeresuisse

09/06/2015

L'oeuvre ouverte de Franz Erhard Walther

 

 

 

Walther BON.jpgFranz Erhard Walther, Art unlimited 2015, SKOPIA Art contemporain, Rue des Vieux-Grenadiers 9, Genève, 15-16 juin 2015.

 

 

 

Dans l’œuvre de F. E. Walther la rigueur d’une savante géométrie n’est pas absente mais elle se dissipe pour un autre tressage. Aux œuvres planes, pleines de l’art traditionnel, succèdent des étincelles, des vrilles d’opérations insolites. La surface s’allège et s’étire en un jeu de lignes qui s’enroulent sur elles-mêmes, s’unissent et se séparent, se croisent et se dédoublent là où le spectateur doit être mis à contribution. Il répond de l’œuvre car, écrit le créateur, « il ne peut être impliqué seulement dans sa qualité de regardeur : son corps entier est engagé. »  Cette dimension physique (que le travail de l’artiste contient)  produit un système de formes qui ne sont plus fermées : tout demeure ouvert puisqu’il ne s’agit plus seulement de contempler.

 

Walther 2.jpgL’artiste produit des vecteurs d’impulsion faits parfois et par exemple en tissu ou en textures malléables pliées, dépliées en une série de partiels habillages. Chaque spectateur les annexe à sa main, « réinvente » les propositions plastiques créées par ces objets sculpturaux.  L’œuvre permet ce que Walther nomme le « retour au point de départ, où rien n’a de forme et où tout recommence à se former ». Le processus d’apparition est donc complexe puisqu’il n’est qu’une potentialité que le spectateur doit saisir avec non seulement son regard mais son corps. L’art ne répond plus de l’esprit platonicien et de la cosa mentale. Le spectateur n’est plus un œil sans corps, il se réincarne là où la dimension tactile garde son importance là où la   forme n’est plus  définitivement fixe.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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