gruyeresuisse

05/06/2015

Arnaud Cohen et nos Lilith

 

 

 

Cohen bon.pngRéinvestissant à sa main  des vestiges du passé artistique, des salles historiques ( la salle synodale du Palais de Sens redessiné par Viollet-le-Duc par exemple), Arnaud Cohen convoque à travers ses mises en scènes et ses sculptures une critique de notre époque (dont un temps les bouteille de Coca-Cola découpées ou montées en colonnes furent le parangon). Dans « Rémission » l’artiste cultive deux ambitions ou espérances qu’il définit lui-même  :  « celle d’un sursaut vital et d’une rémission du cancer qui nous ronge, celle d’une rémission de nos pêchés à l’heure du jugement dernier ». Entre préoccupations physiques et métaphysiques le créateur montre en filigrane comment «  une Europe malade de ses doutes et de ses peurs roule à tombeau ouvert vers un suicide collectif ». L’œuvre est ambitieuse, profonde, habitée  mais non sans humour. Ses Lilith deviennent le théâtre de nos passions complices - voire de nos défaites individuelles et collectives à travers les éradications et les crimes de lèse-majesté qu’elles fomentent. C’est pourquoi il faut chérir (en regardeurs regardés) ces divines traîtresses et prêtresses dont la beauté impeccable semble perpétuelle puis se glisser dans coulisses de leur théâtre de majesté à la subtile cruauté.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

Arnaud Cohen, « Rémission + Rétrospection » Palais Synodal, Sens,14 juin- 20 septembre 2015, « A l’ombre d’Eros - une histoire d’amour et de mort»,   Monastère Royal de Brou, Bourg-en-Bresse, 19 juin 2015 - 4 janvier 2016.

 

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