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28/05/2015

Dove Allouche : mimiques et moments

 

 

 

 

Allouche 3.jpgDove Allouche  in  "L’Icosasphère"  (Dove Allouche, Ulla von Brandenburg, Hans-Walter Müller ) du 29 mai au 11 juillet 2015, Galerie Mezzanin, Genève

 

 

 

 

 

allouche 2.pngEn art le paysage n’existe que s’il retourne la vue, interroge le regard. De l'œil au regard s'instruit un glissement : il fissure énigmatiquement les certitudes acquises de la contemplation fétichiste. Plutôt que de cultiver la possession carnassière des images Dove Allouche préfère sélectionner un regard lorsqu’il arpente une forêt, des égouts ou le ciel.  Il invente des processus  photographiques, graphiques comme autant d’expériences du temps et de l’espace.  Par exemple muni d’une unique lampe torche il a photographié des déversoirs d’orage servant à dévier des effluents. À partir de ces photographies une série d’héliogravures associe par analogie le circuit souterrain de la ville et l’entaille de la gravure.

 

 

 

Allouche.jpgDove Allouche révèle l’envers de la ville ou de la nature à « l’écoute »  des cycles biologiques et cosmiques. Le paysage dans sa noirceur devient une figure de profondeur biblique. L’artiste  semble guetter un improbable passeur d'âmes sur un Achéron d'aujourd'hui et renvoie le paysage au rang de Vanité. Y circulent les voies de la nature (telluriques ou aqueuses) là où Allouche  devient le confident des opérations les plus secrètes du cycle de la mort et de la vie. Inscrivant entre ici et ailleurs une sorte d’extraterritorialité le créateur subvertit les notions de dehors et de dedans. Le paysage mute en une approche qui différencie le travail du faiseur et celui du créateur. Ce dernier oriente vers des abîmes et des failles. La vie sous le noir en jaillit dans une expérience nucléaire mise à découvert.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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