gruyeresuisse

09/05/2015

Dafy Hagai : Paradis en milieu présumé hostile

 

 

 

 

 

Dafy Hagai 3.pngAssise sur un muret, buvant un milk-shake  dans la lumière  du crépuscule, prête pour une promenade les jeunes femmes de Dafy Hagai surprennent par leur naturel. Habituée au formatage de la publicité l’artiste s’en dégage. Quittant les lois du marketing elle affirme dans ses œuvres personnelles  que les idées n’existent pas : seules les images « pures » surgissent ». Sous la canicule d’Israël, au  son du tambour de l’été qui cogne la photographe saisit comme par inadvertance ses ondines. Elle en scrute les galbes mais sans les déranger. Les jeunes femmes gardent leur intégrité. Elles ne sont plus au service des fantasmes.  

Dafy Hagai.jpgCe qu’elles dévoilent est plus subtil.  De leur pays qui n’ignore pas le tonnerre elles brisent les ombres dures. Chaque femme est donc  sujet et non objet. Le regardeur doit prendre tout le temps d’imaginer la contextualité de son histoire. Il n'est plus induit ou  prisonnier des artifices érotiques. Le propos s’en échappe. Les rites du désir sont chantournés. Dafy Hagai 2.pngChaque portrait est énigme et permet de repenser l’histoire du pays tel qu’il est donné à « lire ». Le très peu donne ici beaucoup. La photographe crée un univers de cristal. Il sépare du monde le plus intime comme il le fait quasiment pénétrer.  Dafy Hagai crée une poésie fractale, laïque d’un genre particulier : chaque femme devient  une île. Face à elle l’ombre s’efface.  La lumière coule. Elle ne se quitte pas.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

Dafy Hagai: Israeli Girls, Art Paper Editions

 

Les commentaires sont fermés.