gruyeresuisse

06/05/2015

Nicole Hassler du concept au vernis : les surfaces apaisantes

 

 

 

 

 

 

 

 

Hassler.jpgAlexander Schnell, « Nicole Hassler. Works », art&fiction publications, Lausanne  2015

 

 

 

 

 

 

 

En 2008, la Fondation Louis Moret présenta la première exposition de Nicole Hassler : Ocean Nail Polish. Tout jouait déjà autour de la couleur et la surface. Le cosmétique y avait un rôle important. Pour l’artiste son recouvrement n’est pas simplement esthétisant il fait sens en transformant l’espace de la vision et le mental du regardeur. Travaillée en monocolore (non sans rappeler le purisme de l'avant-garde russe du début du siècle dernier) la matière cosmétique propose la force de son chromatisme et de sa texture.

 

 

 

Fonds de teint, poudres, laques à ongles  sont utilisés  tels quels. Le geste disparaît au profit de la puissance de la couleur « pure ». Il crée une passe entre l’art et l’artifice.  Mais le cosmétique permet aussi à l’artiste une recherche sur l’identité féminine. Pour une de ses exposition elle a observé ses propres pratiques de soins, elle a classé  52 produits en usage dans sa salle de bain et composé une suite de mots latins (non original des produits), d'étiquetages : le produit est identifié non de manière à produire de rêve mais la réalité de la chimie tout en révélant une part de l’identité de la créatrice.

 

 

 

Le rêve pourtant fait retour avec le nom des couleurs : Out of the blue, Strawberry Margarita, Azur for sure sont incorporés tels quels dans des œuvres dont des armoires à pharmacie devenues des supports aux surfaces et donc objet d’art à part entière. Ailleurs avec les Eye Shadows (sur toile) se déploient la  gamme des couleurs :  la présence de la peinture est nue dans une sorte délocalisation de tout lieu puisque la surface est univoque et son format « abstrait ».  Restent le lisse et ce qui s'y cache : surface, rien que surface. Et son exaspération. On peut donc parler d'éclats, de textures. Sans la moindre présence humaine elles donnent de l’artiste un autoportrait sublimé.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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