gruyeresuisse

05/05/2015

Aurélie Dubois : portrait de l'artiste en petite peste

 

 

 

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Placer l'œuvre d'Aurélie Dubois entre  occultisme et érotique ne permettrait que de brouiller ce qui saute aux yeux : la capacité du corps à demeurer ardent quel qu'en soit le charbon et les fumées qu'il dégage. L'artiste sait qu'en tout homme un goret existe : il possède quelque chose de l'ordre d'un organisme  larvaire auquel -  par l'humour de ses propositions - la plasticienne présente divers types de "défaillances" au centre d'un trouble schizophrénique ou non.

 

 

 

Dubois.jpgSur la piste de son cirque plastique Aurélie cultive excès, sévices et versa. Elle rappelle que la vie telle qu'elle est reproduite n’est qu’insuffisamment parodique et qu'il manque toujours une interprétation. Dubois 3.jpgPlutôt que de se risquer à des prophéties elle propose, pour le comprendre, ses délires où les seins ne sont pas faits pour les chiens. Ceux-ci restent le plus souvent farcesques. Ils prouvent que Magritte avait bien raison de rappeler que le nom de  l’objet fabriqué à Saint Claude  n'est pas le bon. Bref  l'artiste taille dans le vif, met les points sur les i de la chair insolente et peu encline rose tendre. Le noir d'y voir et le blanc de (je) suis y sont plus efficients. Si bien que l'amour ne se divise plus en deux parties. Celle qui se passe en actes pleins de vertus et fleurit au grand jour et celle confite de bassesses (qui peuvent faire les délices nocturnes mais qui à la lumière du soleil n'apparaissent plus que comme honte et saleté) sont mises en un "pot" commun. Il est  parfois sans commune mesure.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

Aurélie Dubois, Sale comme une image, Editions Artistes de Garde.

 

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