gruyeresuisse

01/05/2015

Julia Born : glissements de plans

 

 

Julia Born.pngJulia Born, Conférence, Centre Culturel Suisse, Paris, Jeudi 28 mai

2015 / 20h

 

 

 

Julia Born est une graphiste suisse dont le travail est reconnu internationalement. Vivant désormais à Berlin elle modifie l’art du graphisme, du design et de la muséographie. Elle a travaillé pour le Stedeljik Museum d’Amsterdam comme pour le Guggenheim  de New-York, la Kunsthalle de Bâle et fait partie des graphistes engagés pour la Documenta 2017 à Kassel & Athènes Elle a créé dans la première décennie du siècle 6 livres de commande ou de création où l’idée même de la conception est le reflet du contenu. « Ofoffjoff – One To One » crée pour le couturier hollandais Joff est devenu une manière non conventionnelle mais pertinente de ce qui est  réduit habituellement à l’état de catalogue. L’artiste y a inséré dix tenues en grandeur nature : chaque personnage est découpé, puis recomposé selon diverses combinaisons.  Julia Born 2.pngLe livre est donc plus un prolongement de la collection de mode qu’une documentation. Pour le catalogue de l'exposition « Le Nouveau Siècle » au Grachtenhaus l’artiste a reprit les règles de symétrie du lieu truffé de fausses portes pour sacrifier à un idéal de symétrie complète. Elle a revisité  cette idée en faisant un pont entre le lieu et le livre « bâtiment ». Par exemple le titre de la jaquette, devant et derrière, est placé sur axe médian et sert de rabat il sert de porte plus que de couverture.

 

Julia Born 3.pngJulia Born joue de l'ordre et du désordre. Le déploiement des formes est souverain indépendamment des "objets" qui s'y trouvent. La créatrice transforme les données « objectives » en informations lointaines et proches. L’artiste casse le piège des contours admis, crée la débandade des horizons habituels afin de montrer les confins inédits. Les pages elles-mêmes basculent, s’échappent, s’envolent en glissements de niveaux. Pour autant l’envolée proposée est aussi une mise en abîme. Et chaque fois que l’artiste rencontre un objet ou un lieu elle leur redonne un volume car  elle le  ressent comme emprisonné. Elle obtient de nouvelles familles d’objets d’art et des lignées de formes intempestives.


Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

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