gruyeresuisse

20/04/2015

Anne Attridge : vertiges de l’amour

 

 

 

 

attridge 2.jpgL’amour n’est pas - en art comme ailleurs - qu‘un « désir de duvet ».  Les céramiques d’Anne Attridge le prouvent. Bien des femmes s’y envoient en l’air sous l’impeccabilité de la faïence. De chacune d’elle naît du désir mais autant de  matière optique.  Et si parfois la créatrice choisit le blanc il devient une bouture de nuit qui permet  de revoir le jour d’une autre manière. La thématique s’efface la matière qui garde une profondeur de vie que les vocables ne suffiraient plus à exprimer. Il  faut un autre langage pour tenter le saut des reins vers l’invisible.  Non l'amour (ou ce qui en tient lieu) ne peut pas être en mot. Sa vérité tient dans la matière qui donne corps à des sculptures pour le moins intempestives.

 

 

 

attridge.jpgL’artiste va au bout d’une logique où généralement certains effets croupissent. L’artiste les exhausse. De tels indices permettent de montrer ce qui ne peut se voir et qui devient paradoxalement le lieu de la révélation quasi magique. Une note mystique n’y est pas étrangère. Dépouillée de la nature l’oeuvre évoque néanmoins une scatologie mais de manière la plus policée possible. Un lointain espace intérieur qu'aucun télescope ne peut atteindre surgit non sans drôlerie et ivresse.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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