gruyeresuisse

13/04/2015

Saturno Butto de l’épine à la rose

 

 

 

 

 

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Avec Saturno Butto au dessus de l’homme il y a moins Dieu et ses saints que des seins en tas de volière. C'est de là que chaque fois  tout recommence. La peinture religieuse que reprend à sa main l’artiste reçoit un sacré coup dans l’aile par l'intercession d’anges pervers. L’esprit – du moins ce qu’il en reste – ne se passe pas du  corps, bien au contraire. La "furor" n’est plus mystique : les gothiques de l’artiste cultivent la foudre et le souffre de bien suaves enfers. Butto 2.pngLes corps s’attirent en des cérémonies impeccables quant à leur facture. Mais elles n’ont plus rien de catholiques et romaines. Elles en gardent le flacon pas l’ivresse. Celle-ci est d'un autre acabit. A l’angoisse et l’extase mystiques font place des nuits blanches aux noirceurs voluptueuses. La "chute " est programmée mais nul personnage ne désire s’en relever. Chacun se délecte de ce qui s’éloignant du christique rapproche d’hantises langoureuses. Tous les prétextes sont bons pour sortir les images religieuses de leur contexte. La douleur est délicieuse. Sade a remplacé Saint Sébastien, Madame Edwarda les Saintes. Elles promettent un paradis terrestre. Que demander de plus ?

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

13:45 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Plutôt cauchemardesque, et pas forcément juste philosophiquement... Mais il est exact que l'art académique, même religieux, ne portait plus vraiment l'âme vers la divinité, et qu'il la focalisait sur les images mêmes, c'est à dire la corporéité.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/04/2015

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