gruyeresuisse

05/04/2015

Louise Bourgeois : surfaces de réparation.

 

 

 

Bourgeois.jpgLouise Bourgeois, "The spider and the tapestries", Hatje Cantz, Ostfirden, 102 pages, 28 E.

 

 

 

Avec le recours au textile, ses reprises (à tous les sens du terme) et l'image récurrente de l'araignée, Louise Bourgeois ne cessa de tarauder son enfance et l'image de la mère humiliées par les tromperies maritales. A côté d'un univers de vengeance, tout un pan de l'œuvre devient une surface de réparation. C’était là une manière de rejouer l'histoire de la mère par fragments et vestiges rapiécés jusqu'à former des visages tragiquement en appel mais voué au silence. L’œuvre textile fidèle à l'ensemble général - et c'est là son paradoxe - rejoue ce qui reste l’inaccessible par excellence mais elle ne le fait pas par le biais d’une représentation au sens courant du terme. Pour “ rejouer ” l’œuvre reclot les indices visuels qui – métaphoriquement et visuellement – viennent du plus poche pour les lancer vers le lointain. 

 

 

 

Bourgeois 2.jpgAvec "The spider and the papestries" Louise Bourgeois met ainsi en scène des indices en jeux de bandes. Ils permettent une accessibilité au secret. La créatrice reprend la descente de l’Igitur enfant de Mallarmé. Comme lui elle émet un coup de dés, entre dans un “ tombeau ”. S’il y a eu drame (et pour elle il a bien eu lieu), celui-ci garde son retrait, son  secret inabordable dont le spectateur n'a pas l’idée, sinon à l’état de lambeaux et à travers dans ce livre quelques textes "psychanalytiques" inédits

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

 

 

09:09 Publié dans Images, Monde | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

En broderie cela s'appelle " le passé empiété " . Oui , perspicace JPGP , tout est rapiécé donc réparé : secret et mère humiliée . Ensemble lancé dans une créativité issue du passé et lancée vers le futur comme le ressuscité de ce jour pascal .

Écrit par : Villeneuve | 05/04/2015

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