gruyeresuisse

01/04/2015

Daniela Belinga : outrance et dérision

 

 

 

Belinga 2.jpgNe partant jamais sans bagages mais en les détruisant la créatrice cultive l’audace, l’outrance, le mauvais goût de la meilleure engeance. Elle use aussi de ses visions, de ses sentiments, de son inconscient, de son “ background ” pour secouer nos perceptions. Elle ne s’occupe pas de faire beau et se détourne des couchers de soleil sur le lac Léman ou de Constance propres à subjuguer les naïfs. Et si elle nous tire des larmes ce  sont des larmes de rire. Les maternités éclatées, les estampes japonaises revisitées permettent la mise à l’épreuve d’une proximité jusque là demeurée tellement lointaine qu’on ne pouvait la penser.


Belinga.JPGQuoi de plus vivifiant et drôle ? L’excitation provoquée par les images ne conduit pas au ciel. L’artiste tord tout type d’emphase pour remettre les idées en place face à l’apprentissage de la « beauté » subie jusque là selon des grilles de lecture admises. La plasticienne propose un rapport moins complaisant à ce qui est considéré comme suprême. Elle rappelle que  l’“ entente avec l’inespéré ” (Char) en art ne doit pas se limiter à une essence réputée universelle.  Daniela Belinga la fait concevoir comme partielle puisqu’il existe bien d’autres manières de montrer. Le seul  art vivant qui vit, fait vivre, avance se nourrit d’irrévérences et d’intuitions farcesques. L’outrance et la dérision lui sont nécessaires : elles luttent contre les titans. Ils n’appartiennent pas qu’à la mythologie mais oppressent aujourd’hui comme hier.


Daniela Belinga, EAC Les Halles, Porrentruy

 

 

Commentaires

Délicieusement subversif et suggestif...

Écrit par : pachakmac | 01/04/2015

Les commentaires sont fermés.