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13/03/2015

Sarah Jérome : portrait à l'envers, envers du portrait

 

Jerôme.jpgSarah Jérôme, « Chimere », du 27 mars au 2 mai 2015, Ego gallery, Via Luigi Canonica 9, CH-6900 Lugano.

 

 

 

 

 

Sarah Jérôme produit beaucoup d’œuvres sur papier. Se mêlent dessins au crayon, à l’encre, au pastel et des collages d’objets - lambeaux de textile principalement. Chacune d’elles ramène d’une manière ou d’une autre  à une filiation complexe non seulement par le visage ou le corps mais par les pièces rapportées qui s’y adjoignent ou le remplacent. La vision identitaire - tout en jouant sur la délicatesse des traits, l’anomie ou sur l’allusif expressionniste -  devient angélique et démoniaque. Une douceur émane des visions en elles-mêmes violente. Chaque œuvre  demeure erratique et ambiguë.

 

Jérôme 2.jpgCréatrice d’histoires visuelles, Sarah Jerôme joue avec la notion de représentation. Elle peut osciller du surréalisme au concept. Elle  prouve que les artistes ne doivent pas faire ce qu’ils sentent devoir accomplir mais faire ce qu’ils veulent et l’assumer. C’est pourquoi les œuvres de Sarah Jérôme suggèrent bien des possibilités. Aucune n’apporte de réponse définitive. D’autant que son travail ne naît pas d’une seule idée ou intention. Son sens ne saurait être univoque. Ses figures « imposées » sont autant des modèles que des rôles.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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