gruyeresuisse

12/03/2015

Fifo Stricker : corrections de l’attendu

 

 

FStricker.jpgifo Stricker, « Œuvres récentes », Galerie Patrick Cramer, Genève, 19 mars - 26 mai 2015.

 

Dans les œuvres de Fifo Stricker les formes structurent l’espace vers un autre but que l’ornemental. Elles sont là pour solliciter l’imaginaire et l’attention du spectateur de passage. L’artiste s'exclut de la manipulation, de la séduction, de la provocation, bref de tout ce qui engendre du factice, du factuel, de l'évènementiel. Il joue sur un "contingentement" (Didi-Huberman) qui s’éloigne du pragmatisme comme d'un pur état d'âme.

 

Stricker 2.jpgLes oeuvres offrent un état de transformation du monde. En surgit l’exclusion de la paraphrase : tout est "à l'image" en une suite d'anaphores. Elles sortent de la clôture habituelle de la représentation. L’œuvre garde comme origine un mouvement vital. L’animal plus ou moins hybride règne. Il fait lever un monde dans la grotte mentale par l’émotion travaillée, développée en sortant le réel de ses apparences. L’évidence à chercher est dans l’ébranlement qui restitue la présence de l’enfoui, du lointain. Formes et couleurs remontent vers l’abrupt. Elles ruinent les pentes raisonneuses du regard dans l’arsenal superbe d’une « ménagerie » où les formes vivent d’un éclat qu’elles mènent à leur terme sans souci du proche et de l’immédiat.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

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