gruyeresuisse

10/03/2015

Le cabinet des impossibles curiosités d'Antoine Bernhart

 

Bernhart 3.jpgAntoine Bernhart, Jouer avec le feu », Cycle des histoires sans fin, séquence printemps 2015, du 18 février 2015 au 10 mai 2015, Mamco, Genève. Les œuvres de l’artiste sont disponibles aux éditions du Bon Goût.

 

 

 

 

 

bernhart 2.jpgL’œuvre « pornographique » (au sens le plus radical) d’Antoine Bernhart se veut un théâtre dressé sur notre abîme. Tous les remugles du monde sont exposés et cela ne va pas sans problèmes. Beaucoup estime qu’un tel artiste ne mérite pas un tel nom. Il va à la rencontre du spectateur en éveillant tout sauf son plaisir – ce qu’il faut pourtant nuancer puisque ses dessins recèlent une évidente beauté. Néanmoins un principe d’abjection est en place en poussant plus loin ce que Sade le premier avait scénarisé dans ses théâtres de la cruauté.

 

 

 

Bernhart.jpgBourreaux et victimes, dominants ou dominés, sujets ou objets obéissent de gré ou de force à des attractions terribles. Un « rire matérialiste » répond au rire bien plus médiocre des essentialistes qui se contentent de vouloir cacher les seins (arrachés ou harnachés) qu’on ne saurait voir. Antoine Bernhart ose donc « aligner » des lieux sadiens révélateurs des profondeurs les plus sombres de l’homme, de l'hypocrisie sociale et des façades du pouvoir. Il scénarise aussi sans doute des régions de l’inconscient. Si bien que de telles images presque inacceptables organisent un nouveau lieu mental d’interrogation.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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