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15/02/2015

Rafael Grassi-Hidalgo : cadavres exquis

 

 

 

 

Grassi.jpgA l'inverse des mouvements migratoires majeurs Rafael Grassi-Hidalgo a quitté sa Suisse natale pour la France. Bref dans son art comme dans sa vie il choisit  des chemins chaotiques... En un bonheur de faire et de montrer le franc-tireur développe une vision singulière de la beauté. A la frontière de la figuration et de l'abstraction, de l'exhibition et du secret il dérange un certain confort de vision même si parfois les touches du surréalisme ou du pop-art restent palpables. Les mouvements physiques de jambes séduisantes sont remplacés par des structures plus rigides : ce que le voyeur espère de tous ses vœux est astucieusement flouté de diverses manières. Feignant d'instaurer une grille sur le chaos le décodage semble néanmoins dépourvu de sens. Le paisible sombre dans la tempête par successions de chausse-trappes ironiques. Le plaisir critique reste donc au centre d’un tel travail.

 

 

 

Grassi 3.jpgRafael Grassi-Hidalgo met à plat les aspects fascinants et traumatiques de la société contemporaine. Des fragments d’images entrent en collision et se chevauchent dans l’éther du cadre. Il ne faut donc pas se tromper sur le propos et l'ambition d'une œuvre aux effacements des standards de représentation mais aussi aux magiques "coagulations". Celles-ci provoquent des fascinations qui n'ont rien de répulsives.  Preuve que Grassi est bien un Hidalgo en lutte contre l'atrophie, l'immobilisation, la dégradation. La déformation n'est jamais une simple déformation. Elle est moins pochade que "cadavre exquis". Elle a valeur de rire, de ce rire qui emporte l'artiste lui-même. Il mord le monde, permet au regard de supporter les situations limites que le réel offre.  L'artiste de dézingue par les spasmes et le mouvement des formes.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

09:09 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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