gruyeresuisse

13/02/2015

Dylan Perrenoud : le paysage sous perfusion

 

 

Perrenoud.jpg« A frozen Flesh », Galerie Standard Deluxe, Lausanne, 21 février-8mars 2015.

 

 

 

Dylan Perrenoud ne « photographie » pas  le paysage : il le transpose et le décante sans limiter une forme de rêverie. Mais le « geste » possède ici un mandat à assurer : écarter la vue de ses  évidences. La « peau » semble s’effacer : des veines surgissent.  Le paysage devient immatériel mais palpable sans savoir s’il est plus proche du macro que du microcosme. Un expressionnisme abstrait - mais tout compte fait pas si abstrait que ça – offre la contemplation du paysage et du  langage. Suivant docilement la linéarité du premier le second lui permet d’y monter, descendre, arpenter, bifurquer. En surgit l'histoire du labyrinthe des lieux car le photographe n’oublie jamais une idée majeure : l’image atteint son but dans la mesure où elle établit avec la réalité non un reflet mais un approfondissement, une force première.  Atteindre le monde des premiers alphabets, le monde des béatitudes demande une longue ascèse : celui de s'appuyer avec confiance sur les formes en leur complexité mais d'y aller avec toute la rigueur nécessaire.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

08:32 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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