gruyeresuisse

12/02/2015

Les portraits « bougés » de Miriam Cahn : l’être et le temps

 

 

 

cAHN.pngMiriam Cahn, « körperlich – corporel », 24 janvier – 12 avril 2015, Aargauer Kunsthaus, Aarau.

 

 

 

Les personnages de Miriam Cahn ont souvent des « têtes » d’ampoule » comme on le  dit des surdoués. Mais ici l’expression doit être prise dans la seule radicalité de figuration. Il faut donc arracher à l’expression tout symbole. D’autant que c’est par la peinture elle-même que de tels personnages sont des lumières (ce qui ne veut pas dire que par eux-mêmes ils soient idiots !).  Mais ils fascinent par ce qu’ils irradient grâce à la peinture et le mystère de l’aura qu’elle dégage non sans – parfois – une ironie acerbe.

 

 

 

CAHN é.jpgA ce titre il existe toujours chez Miriam Cahn une volonté implicite de changer le monde, de s’opposer à tout nihilisme sans pour autant oublier les affres du passé.  Formes et couleurs marquent une volonté de présence contre  vents et marées de l’Histoire.  Si bien que la douleur vient toujours, en une telle œuvre, après la volonté et la joie.  D’où le désir de mettre en forme, de créer par delà l’état tragique dionysien mais en en tenant compte. Se découvre  une profondeur d’être et de vie dans un travail qui ne cesse de « gratter » la même veine. Par effet de plat surgit une vocation perspectiviste là où le portrait « bougé » devient l’espoir d’une sur-vie ici-même, un surcroît d’être. La peinture devient un mouvement transformationnel et opératoire. Elle rejoint les « rêveries de la volonté » que Bachelard appelait de ses vœux.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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