gruyeresuisse

24/01/2015

Céline Cadaureille et le néant

 

 

 

 

 

celine-cadaureille.jpgIl y a une béatitude immense à n’être rien. Mais ce n’est pas si simple. Si tout  commence à l’approche du néant nul ne sait ce que peut être le rien qui est forcément quelque chose  - même Raymond Devos l’avait souligné dans un de ses sketches. Et si chacun sait qu’en supprimant la négation on invalide le langage en aucun cas on l’abolit. Ainsi le rien est la négation absolue qui appelle ce qu’il nie dans le monde comme chez les êtres. Céline Cadaureille le prouve. Dans ce travail le seuil marque le passage de ce qui est nié à ce qu’il faut pour qu’il le soit. C’est là son fondement. Il affiche la belle mais précaire assurance de ce qui nous habite mais qui ne va qu’à sa fin.

 

celine-cadaureille 2.jpgEvoquer le rien qui n’est rien implique donc qu’on puisse le montrer encore. Dès lors le seuil de l’œuvre n’est pas ce que l’on croit : par lui on n’entre pas dans le néant on le devient. Dans ses amas, ses prisons, ses suicides l’œuvre de Celine Cadaureille touche à une extase inversée. L'art n’a de sens que par les « déprogrammations » offertes. Elles donnent  la valeur la plus haute à la vie comme aux images. Les deux nous font signes en nous empêchant de croire à leur éternité.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

15:01 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.