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14/01/2015

Poésie plastique d’Anouchka Pérez

 

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Anouchka Pérez, « Hiver 2015 », La Place des Arts, Lausanne, du 22 janvier au 7 février 2015.

 

 

 

Une fois que le regard s’est posé sur les œuvres d’Anouchka Pérez il ne les quitte pas.  La pensée court, cherche un sens dans les intentions du défi plastique et « littéraire » de l’artiste.  Les mots prennent en notre imaginaire des prolongements car il se nourrissent de celui de l’artiste.  La sensualité remplace tout propos discursif. Elle se glisse dans des tableaux où support et surface ne font qu’une seule « étoile ».  Ils ne sont plus une dualité mais ramènent à l’ambiguïté essentielle de tout langage. Entre image et mot il y a donc moins contraste qu’hymen. Au principe du double se substitue  l’union intime par la matière et le choc émotif qu’elle crée. A partir des mots l’image devient captivante, suggestive et précise. Nulle littérature  en cela mais de la poésie pure par la conjonction des mediums et des langages. Doublant verticales, horizontales et obliques  les mots font masses plastiques selon une maçonnerie ou une menuiserie imparables. Comme l’écrivait André Pierre de Mandiargues lorsqu’il évoquait les mots dans la peinture, ceux d’Anouchka Pérez « salent » voire pimentent très fortement la notion même d’image pour la métamorphoser. Nous pouvons que plaindre ceux qui préfèrent manger fadasse.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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