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04/01/2015

L’inconnu(e) dans la maison : Mylène Besson

 

 

 

 

 Besson 3.pngMylène Besson, Eros Bacchus, Humus, Lausanne jusqu’au 15 janvier 2015

 

 

 

Dans les dessins de Mylène Besson des mains de tendresses parcourent  les galaxies des corps et des ombres afin de produire  des voyages inter-sidérants et extratemporels. Des mains épousent des regards, cherchent l’étoile sur leurs paupières. A la volupté se conjuguent d’autes amours plus maternels. L’objectif est de  chasser des nuages, d’entretenir  des songes en frôlant le seuil de diverses intimités. Adam veut Eve. L’inverse est vrai aussi.  Ils ne sont pourtant ni  conquérants ni vénéneux. Ils cherchent la source qui a comme nom l’existence. Ou plutôt le désir. C’est pourquoi les mains serpentent jusque dans la caverne obscure.  Besson.jpgLa lumière descend jusqu’au corps enfermé dans la pudeur du lin. Le dessin creuse  le « o » et le « où » du corps dans le tracé des formes. Il existe des accords en mode mineur  ou majeur. Se fomentent le début et la couture du temps, le mystère englouti de la vie  là où elle semble  partir en vrille.  On se retrouve au cœur du temps où  passe en boucle le passé. L’avenir n’est plus que cet éclat qui eut dû se produire antérieurement ou plus près de l’origine. Dans l’étrange phénoménologie des dessins se lient la présence et l’absence en un théâtre aussi brûlant que glacial. Il creuse le temps en tout sens. Il s’agit de résister et faire semblant de rester debout face à ces femmes qui nous montrent comment se tenir et qui , par leur regard , disent l’inconnu en elles, l’inconnu en nous.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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