gruyeresuisse

01/01/2015

Alexis Georgacopoulos : le territoire miné des choses

 

 

 

 

Alexis Georgacopoulos.jpgA travers les œuvres d’Alexis Georgacopoulos - qui fit ses classes à l’ECAL de Lausanne - des flaques surgissent  dans le ciel et des trous   sur le sol. Chaque objet contient  un temps plein, un temps mort, une boîte noire ou  un blanc bol. Les robes à fleurs sont dévorées par des plantes carnivores élancées sur leur tige. En bas (de soie) la rivière, en haut (de chausses) le chemin entre il n’y a pas grand-chose sinon des farces. La lune montre sa face cachée : un viaduc s’y élance sur ses précipices et chevauche des voix lactées façon Nestlé. Toutes les choses mortes s’animent, habillées et coiffées de manière intempestive. Elles font ce qu’elles peuvent : certaines partent, d’autres reviennent. Il pleut des formes sur le monde. Cela a à voir avec un désir pas forcément sexuel.

 

 

 

AlexisGeorgacopoulos 3.jpgIl faut chercher ailleurs et se demander ce qui reste des mots et des choses. L’artiste en polit les galets ou le baigneur. Tout chaloupe sur le Léman quand soudain le ciel est à la portée d’une haute colline. Sous son ourlet renflé le réel bafouille. Chaque chose qui va à la chasse perd sa place. On peut néanmoins la trouver gironde et pas seulement du côté de Bordeaux. Tout ce que l’artiste  expose ou crée semble donc  une note en marge d'un texte totalement effacé. Nous pouvons plus ou moins - et d'après le non-sens de chaque objet - déduire ce qui devrait être le sens de toute image. Mais il reste toujours un doute tant les sens possibles en telles créations.  L’espace est à l’intérieur de l’espace. Il n’est pas à l’intérieur de telles choses. Cela leur donne toute leur présence. L’espace qui n’est pas là se donne à elles. Il est  soufflé. Restent des survivances, des hantises. Bref une inquiétante mais drôle étrangeté.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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