gruyeresuisse

23/12/2014

Théodora : excavation et envol

 

 

 

 

Theodora portrait.jpgPour Théodora (Quiriconi) nous possédons facilement au moins 3 yeux et  67 peaux, 199 lieux où l'excitation peut prendre corps (on comprend que pour elle le point G est une rigolade), et notre œil lui même est constitué de 325 surfaces. En chacun de nous il y a sans doute aussi une animalerie portable : combien de moutons, de chats, de serpents - et tout un bric-à-brac : torchons, godets, cochets sans compter bien sûr les sacs à mains et les balais. Le travail de Théodora nous ramène dans ses narrations  à l’enfance. Mais une enfance dévergondée. Tout ce qui s'entasse au sol ou se pend au mur suffit à notre plaisir.  Plus besoin de dériver du côté de la métaphysique. Il n'existe que le physique, le terrestre, le visuel. Pas la peine de chercher plus loin. L’œuvre fait surgir un paradis plastique pour le non dit de l’existence.

 

 

 

thoedora 2.jpgTous ses personnages veulent se mettre la table pour y placer les coudes, creuser les mots, garder leurs illusions, passer du coq à l'âme, renverser les dictons et les diktats, faire danser du bout des doigts l'impalpable. La créatrice élimine ainsi ce qui serait trop descriptif, sérieux, ennuyeux, définitif. Elle donne un autre espace au temps, un autre temps au paysage. Elle n'hésite jamais à nous ouvrir les yeux face aux murs que nous ne voyons pas ou si mal. Afin d’y parvenir Théodora recherche toujours le simple qui comme chacun sait reste le plus compliqué.  Elle se veut prolétaire d'un art qu'elle rend noble. Son poème plastique demeure souvent  temporaire, toujours menacé puisqu'il dépasse les bornes qui nous sont assignées. Dans la "libration" d'images faussement naïves et parfois dans leur paquetage de plastique  se touche un lieu où se capte une bonne odeur de vie. Tout est injonction pour aller jusqu'à toucher la tiédeur du soleil comme celle de la lune. Dans son individualité, sa singularité, sa dualité, Théodora invente donc des jeux contre les  apparences. Les  stations d’un calvaire sont remplacées par de merveilleux nuages. L'artiste n'a cesse de les peupler pour nous extirper des tourbiers de l'existence qui affirment un désir d’infini  en traversant la Suisse.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

Théodora en 2014 : «Vibrance» , Exposition à La Ferme de la Chapelle, Grand-Lancy

 

 

 

 

 



 

 

 

Commentaires

... " Petite table sois mise " ...

Écrit par : Villeneuve | 23/12/2014

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