gruyeresuisse

19/12/2014

Suzanne Kasser entre présence et absence

 

kasser.jpgSuzanne Kasser interroge les conditions d’existence de la peinture, ses chances de survie mais aussi elle la porte à son point de rupture. La Lausannoise persiste dans l’incorrection d’exprimer un regard sans chercher à le mouler dans le canon des références. Ses créations sont des gestes poétiques. Ils « tracent » son entêtement à observer l’étrange. Divers types de noir permettent de contempler l’incendie des étoiles voire des pierres de feu dans la bouche de ceux qui dorment.

Un tel travail joue entre une masse confuse et les signes qui s’en dégagent. Il consiste aussi à rendre une absence présente. Le deuil est moins ce qui s’efface que ce qui s’inscrit. D’où ce jeu entre proximité et éloignement. La recherche exerce sur l’esprit et sur la perception une fascination. Emerge une lumière noire et tramée sur laquelle on ne peut mettre de nom. L’étrange magma ne crée pas du chaos mais un ordre. Et ce même si devant chaque toile ou dessin le regardeur repart à la dérive, chaque empreinte désigne l’être sans le nommer en des transpositions « graphiques ». Elles deviennent des surface qui se refusent à la platitude. A l’immobilité fait place le défilé d’impressions fugitives que nous ratons si nous passons trop vite. L’envoûtement est là : il porte à proximité de la disparition mais aussi dans l’imminence d’un retour.

Jean-Paul Gavard-Perret

07:23 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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