gruyeresuisse

18/12/2014

Tintin au Brésil : Pierre David ou le racisme ordinaire

 

DAVID.pngPierre David, “Commercialiser la couleur des gens”, musée de Chambéry, novembre 2014 - janvier 2015.

 

Au Brésil Pierre David a créé une approche anthropomorphique des plus ambigües. Partant d’un art conceptuel au prétexte « humaniste » (..) il a photographié les peaux d’un panel de Brésiliens afin de construire un nuancier de couleurs. Elles vont du plus clair au plus foncé. L’artiste ne s’arrête pas en si « bon » chemin. Chacune d’elle est commercialisée en des pots de peinture fabriqués dans une usine allemande. Sur chaque pot est collé le visage de l’autochtone correspondant. Et sur chaque lame de nuancier sont apposés le nom du photographié et le numéro qui lui est attribué. On croit rêver. Néanmoins avec une belle innocence et une arrogance d’imperator l’artiste traverse le monde tel un parfait négrier paré de sa prébende tout en se faisant passer pour un sauveur de la diversité. Il a sans doute du souffle mais bien peu de mémoire… L’innocent, lors de son travail préparatoire, dit avoir traité ses modèles métisses avec attention et condescendance. C’était sans doute le moins qu’il pouvait faire afin de se livrer au plus ambigu des stratagèmes. Pierre David met en acte un racisme sophistiqué qu’ignoraient peut-être les Européens. On sait que dans les pays dit « noirs », plus un homme est foncé plus il est considéré comme mal né et mis d’emblée au banc de l’échelle humaine. Le nuancier offre donc l’outil parfait à une ségrégation qui non seulement distingue le blanc du noir mais pénètre les arcanes d’un fichage et d’une sélection ethnique plus avancés. Le tout avec l’argent du contribuable français qui sous l’aval d’un gouvernement fier des droits de l’homme fait la part belle à ce stratagème. Porté à ce point l’art n’est pas seulement douteux : il devient équivoque.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

12:27 Publié dans Images, Monde | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Le principe de sélection au service d'une idéologie est difficile à combattre. Faire partie des sélectionnés, de celles et ceux qui ont droit à un statut spécial avec tous les avantages à la clef, voilà quelque chose d'assez banal dans nos sociétés. On ne fait que sélectionner les meilleurs, les plus ceci ou les plus cela. Est-ce du racisme? De l'élitisme, sans aucun doute. A chacun sa conscience. Dis-moi dans quel milieu tu voyages le plus fréquemment, je te dirai ton degré d'élitisme. Pour le racisme, il faut encore voir comment les personnes qui se prétendent faire partie de l'élite se comportent avec un serveur de restaurant, un éboueur, ou une vendeuse... d'origine étrangère...voir d'origine bien locale...

Bonnes fêtes à vous, cher Monsieur Gavard-Perret. Vous nous régalez de vos analyses artistiques et de vos mots.

Écrit par : pachakmac | 18/12/2014

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