gruyeresuisse

16/12/2014

Sarah Haug hors limites

 

 

Haug.jpgLes dessins fixes ou d’animations de Sarah Haug cultivent des élévations aux hébétudes d’ivrogne.  De telles « ironisations » du réel et restent à la fois  dégagées de tout humaniste et en faux raccord avec la nature. La créatrice se veut ni farceuse, ni cynique mais simplement une sceptique enjouée. Son travail ramène à la réalité pour mieux en proposer une critique en dehors de tout souci de représentation ou de narration sinon par effet de décalage plus que de soumission. Bref chaque œuvre est une « nature » mais comme on le dit d’une femme de caractère.

 

Haug 2.jpgSarah Haug en a d’ailleurs. Ses approches n’ont rien d'établies. Elles ont du chien (à tous les sens du terme). L’artiste - dans des érections et exactions  hétéroclites, ébouriffantes (même en salon de coiffure) ou non comme dans la mise à plat des formes et leur délocalisation  d’usage – chevauche les apparences à bride abattue. Son art paraît simple mais il est le fruit de la complexité bâtie selon des « dissonances ». Les choses vues s’y retournent sur elles-mêmes. Un tel travail s’éloigne autant du luxe de pacotille que de la réserve de l’avarice. Il avance libre, chargée du seul désir de vie sans la moindre certitude sur ce qu’elle rameute. L’artiste se contente d’effondrer toutes preuves tangibles et léchées d’une rationalité artistique par ce qu’elle  ajuste, disloque. En état de sidération  la pensée bat la campagne (et la ville) au sein d’un paradoxe parfait : se confronter aux œuvres devient comme le disait Pessoa l’obligation à « regarder dans le vide » mais un vide vêtu de réalité.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

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