gruyeresuisse

10/12/2014

Germaine Richier et la chair

 

 

 

Germaine Richier, Rétrospective, Galerie Jacques de la Béraudière, 7 novembre 2014 - 20 février 2015

 

 

 

Germaine bon 3.jpgSous le réel, il existe non rien mais le rien. L'article à toute son importance : il indique Le Lieu "quelque chose à incommuniquer communique enfin" (Deleuze). Ni abstraction, ni métaphore, mais porte dérobée qui plonge au fond de l'impasse du rapport de l'être à son propre corps et au corps de l'autre Germaine Richier n’a cessé de l’exprimer dans une œuvre à laquelle l’exposition de Genève donne toute son ampleur.

 

 

 






Germaine bon.jpgD'élagages en effacements, de boutures en érections l’œuvre garde sa force d’abrasion essentialiste. Un tel art n’a cessé de faire culbuter hors du corps  de rêve afin de s'incruster  dans la chair par les matières nobles et lui restituer une vérité foncière.  Par ses successives implosions l’œuvre ne referme pas l'être sur son manque : elle en dévoile  les stigmates  où s'échoue le désir.  Ici le fantasme vient buter. Pour une autre histoire. Plus réelle -  plus tragique peut-être ou tout simplement plus  dérisoire parce que profonde - issue de l'endroit où à la source éparse des racines irrigue l'étincelante épine.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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