gruyeresuisse

03/12/2014

Josée-Flore Tappy, notes de nuit et de jour

 

 Tappy.jpgRbl, revue de belles lettres, 2014, 2, Lausanne

 

 

 

 

Josée-Flore vit à Lausanne. La poétesse est une comtesse aux pieds nus qui a publié des textes majeurs : « Lunaires » (La Dogana), « Hangars » (Empreintes). Elle a dirigé l’édition des « Œuvres » de Jaccottet à la Pléiade et a traduit (entre autres) avec Marion Graf la poésie d’Anna Akhmatova. Refusant la rhétorique pesante au profit de l’émotion la poétesse n’en finit jamais de passer entre les volets de l’oubli. Aucun trou de mémoire ne peut effacer le sillage des sentiments du corps. Son « système » poétique  instruit un dialogue  avec l’être : il arrache le poème au barbouillage psychologique et l'oriente vers un décryptage plus profond. « Le stylo est ma pelle, je soulève, je désemcombre, je libère » écrit celle qui  face à la dénégation de diverses tragédies collectives de diverses époque revisite l’Histoire. Parfois la nuit du monde prend à la gorge selon divers points d’incandescence en un voyage mental dans l’obscur à la recherche de la lumière ou au moins de « L’heure Blanche » : « Où  l’on cherche du regard / une ligne à laquelle se tenir./ le sentier pour nous guider s’enroule / autour de la poulie et sans bruit / nous hisse à son câble de lait ». En dépit de tout Josée-Flore Tappy extrait la fameuse obscure clarté afin que les diables du passé finissent  de rire dans leurs barbes.  Pour eux des innocents étaient entrain de vivre. Se contentant de peu. Mais ce peu était encore trop. Il faut que leurs ombres rebondissent. Et c’est ainsi que la poésie prétend à rien prétend à tout. Que faire alors sinon de suivre les chemins de la création ? Les choses vues comme les méditations que Josée-Flore en tire tiennent lieu de vérité.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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