gruyeresuisse

26/11/2014

Un Doig dans l'œil

 

 

 

doig.jpgPeter Doig, Fondation Beyeler, Bâle du 22 novembre 2014 au 22 mars 2015.

 

Artiste phare aux USA de la scène contemporaine, l'oœuvre  de Doig reste néanmoins plus considérée comme produit pour galeries de Miami à gogos argentés que pour les grands musées même si l'artiste en devient une valeur sure. Il est vrai que l'œuvre - par sa figuration et ses couleurs -  a de quoi séduire l'amateur lambda. Habile coloriste et dessinateur, il possède ce que l'on  nommait jadis une "patte". La mondialisation entraîne sans doute le succès de ce type d'approches qui peut traverser les continents. Elle n'a pas de ni, de trop. Ni trop figuratif, ni trop abstrait.

 

Doig 2.jpgDès lors deux lectures (au moins) de l'œuvre de Peter Doig sont possibles. La première revient à l'envisager comme un avatar éculé de la peinture plus ou moins exotique que l'artiste développe(rait) de manière digressive. La seconde est de la considérer comme un modèle de transgression de la figuration que l'artiste piège en instaurant un pont habile entre diverses tendances et en des narrations aussi ensoleillées que brumeuses.  Pas sûr néanmoins que le regardeur perçoive (sauf dans les œuvres très "coulantes") l'ironie  de tels travaux. Les plages y ressemblent à celles des  Club Med et ignorent tous tsunami. Certes  Doig  passe de l'horizontalité de l'arbre mort à la verticalité de l'homme qui marche. Mais il n'a pas l'envergure de celui de Giacometti. Tout est fait  pour séduire et dégager de nos insomnies. Après tout ce n'est peut-être pas si mal. Ne serait-ce pas là une peinture (astucieuse, intelligente) "de rêve" pour temps de crise ?

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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