gruyeresuisse

24/11/2014

Les Daisy carnées de Lars Elling

 

 

Elling bon.jpgAssoiffées, les jeunes femmes de Lars Elling collent leurs lèvres aux bords de tasses athées. En talons hauts et mini jupes ou dessous légers elles proposent des dérives désirantes qui éloignent les sages de leur sommeil. Il est fort à parier que beaucoup d’entre eux aimeraient tomber dans les beaux draps que le peintre feint de tendre pour les recevoir. D’autant que chacun d’eux pense que de telles égéries s’adressent à lui lorsqu’elles lancent leur  « je suis ta chambre ».  

 

Elling 2.jpgMais il faut se méfier des femmes grimées en Barbie Girl perversement sages. Pour autant elles ne cultivent en rien la provocation factice.  Surgit une poésie de l’intime là où peinture s’enchâsse afin que l’onirisme prenne lieu de réalisme. L’inverse est vrai aussi. Redresseur de courbes  Lars Elling fait que les infidèles ne sont pas seulement les femmes de boulangers. D’autant que son œuvre n’a rien d’enfarinée. Elle renvoie paradoxalement à une forme de diaphanéité au service d’une poésie qui fait de la narrativité du réel une fiction  phosphorescente. Elle appuie sur la région du corps. Celui du lecteur peut brûler les flammes de l'enfer dès que ses pulsions s’accélèrent au surgissement implicite des seins dans l’échancrure salace de bustier de Daisy carnées.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

14:32 Publié dans Images, Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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