gruyeresuisse

22/11/2014

Fredy Bachmann : un instant sans limite

 

 

 

 

 

Bachmann.jpgAvec Fredy Bachmann la photographie du corps féminin induit parfois d'étranges postures dans un détachement programmé. La fumée d'une  cigarette comme les cheveux ont des éclats traversés d'invisibles essaims. Parfois le visage sort du miroir comme une aile qui s'abandonne. Le résultat est envisagé afin d'entrer dans les affres du désir et du plaisir pas forcément sexuel. Les jambes deviennent d'étranges sémaphores que l'ombre ne peut absorber si bien que l’âme liquide se déploie dans une forme d'abstraction plus que de nudité et de biffures sur lequel le regard s’arrête secoué par de vagues de noir et de blanc. Le corps devient le lieu du songe plus que du péché (ou ce qu'on prend comme tel). Il s'épanche en ellipses, laps et abîmes de telle sorte que ce ne soit pas en une pensée qu’on se porte vers lui.

 

 

 

Bachmann 2.jpgLe Tessinois le rend proche et étrange. Il jaillit mais ne peut se toucher. Fredy Bachmann rappelle que l’image photographique n’est pas façonnée d’une seule coulée. Silencieux dans son atelier il la recompose dans un cloaque des formes possibles. C’est, comme à la surface de l'eau lorsque coule le miroitement perpétuel des reflets indicibles. Plongeant dans le seul grand livre ouvert de la femme là où les pages sont encore blanches au sortir de la nuit l'artiste se met en état de disponibilité non sommaire. D’où sa nécessaire perte de repères à travers des images d’aveux où émerge  le corps tellurique et ailé.  Il n’y a pas au bout de la route promesse de Paradis, pourtant c’est lui que l’image « expose ».  A ce titre elle reste l’erreur essentielle dont on ne se remet pas, Il convient  d'en tirer les conséquences. Mais surtout ne pas de lui dire adieu.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

10:21 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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