gruyeresuisse

17/11/2014

Les barbies d’Irina Polin

 

 

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Toute préfiguration du monde échappe car - quoiqu’on pense - nulle opération purement intellectuelle permet d’en découvrir le sens. Seul l’art peut tenter d’en comprendre l’énigme à travers ses configurations. Chez Irina Polin les renversements d’échelle et les équilibres les plus improbables le terme « expérimentation » prend une signification aiguë mais tout autant ludique. Les objets n’y sont jamais laissés tels quels. Ils sont soumis à une dynamique. Elle joue de charades en des syntaxes juxtaposées mais différentes afin de crée des fables selon une démarche libre et jouissive. L’art atteint le déplacement des données immédiates de la conscience et de la perception  sans que pour autant que la poétesse ne joue à l’apprentie sorcière. Elle se veut plutôt sourcière avec la seule arme des renversements de perspective ou de structure. Ses « barbies » y sont soumis à des dépeçages qui les arrachent à leur destin. Elles deviennent une métaphore d’un monde où la femme refuse le sort d’image de mode qu’on veut lui coller. Contre les mécaniques médiatiques l’artiste introduit des engrenages délirants drôles et tendres La poésie plastique fait la jonction entre ce qui est et ce qui n’est pas, entre  le réel et l’allégorique.  Des grâces « insignifiantes » y dansent sur les cils de l’air.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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