gruyeresuisse

11/11/2014

Quand le jour glisse : Catherine Gfeller

 

 

 

Gfeller 3.jpgCatherine Gfeller en 2014 : Au plus noir du jour, Scenes and Sequences, Carzaniga Gallery, Bâle, Identity, C Gallery, Neuchâtel, The City is passing through you, Wits Art Museum, Johannesburg, South Africa

 

 

 

Gfeller 2.jpgCatherine Gfeller possède le don d’accorder une poésie aux paysages et aux visages qui a priori n'en possèdent pas. Les immeubles, les rues, les personnages souvent découpés en "multipartitas" s’emparent de l’œil du spectateur. L’artiste demeure toujours sensible dans le portrait comme dans le  paysage à une structure architecturale qui porte le réel à des résonances d'harmonies imprévues où la fixité est toujours remise en cause. La créatrice donne au réel une beauté qui quoique « des rues » n’a rien de trivial : elle accorde une âme aux êtres et aux lieux qui semblent l’avoir perdue.

 

 

 

Gfeller.jpgL’immobilité inhérente à la photographie se transforme en moments dynamiques.  Pris en défaut de toute certitude, chaque cliché explore dans un écart vital et fragile, une présence complexe au sein de tels montages. La vie se réinvente jusque dans des lieux  et leur peau parfois balafré (comme c’est le cas à Beyrouth ou en Afrique du Sud). Ne reste parfois qu'une silhouette isolée. Fragilisée par la vie, mais envoûtante. Dans chaque photographie se « réimage » une histoire, un destin. Qu'y cherche le photographe sinon un cœur ? Se refusant au lyrisme elle permet d’en suivre un chemin qui en dépit de sa dureté invite à la rêverie dans le gris des fumées ou dans les cheveux fous d’une femme à la fenêtre de sa voiture en plein midi.

 

 

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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