gruyeresuisse

01/11/2014

Le corps hors de sa coquille : Milo Moiré

 

Moiré.jpgMilo Moiré réclame une liberté totale pour l'art. Pour elle il peut prendre diverses formes puisque chaque créateur propose sa reconstruction du  réel. Et si la Suissesse d’origine slovaque et ibérique  cultive l’incarnation de la nudité c’est à la fois pour extraire des contraintes de la moralité, créer des  émotions mais aussi des réflexions. Pour l’Art Basel 2014 l’artiste a proposée une performance à but non lucratif.  Elle se déplaçait complètement nue - afin que le corps retrouve sa nature primitive et sa façon de communiquer - dans les tramways de Bâle et sur la Messe Platz carrefour central de la foire. Son objectif était de confronter sa performance à un art dominé par l’argent et afin de générer un dialogue. Les réactions furent diverses et presque attendues : certains ne remarquèrent rien (ou firent semblant de ne rien voir), d’autres ont sorti leur portable afin de photographier l’iconoclaste. Bref enthousiasme amusé pour certains d’entre eux, rejets pour d’autres. Sur la Messe Platz journalistes et visiteurs ont accompagné par grappes celle qui était photographié par l’artiste Paul Palm - compagnon de l’artiste.  

 

 

moiré 2.jpgElle continue à considérer le nu « avec neutralité, comme une toile blanche et la possibilité de se rapprocher de soi. L'occasion de se sentir vulnérable et de découvrir sa force ». Et depuis sa première elle le scénarise  (parfois en « pondant » des œufs de son vagin)  parce les images qui naissent dans son esprit  seul le corps peut les traduire. L’artiste reste passionnée par les œuvres intensément corporelles de Gerard Richter, Käthe Hollwitz, Déborah De Robertis, Maria Lassnig, Joseph Beuys, Francis Bacon et H.R. Giger et bien sûr   Marina Abramovic. Milo Moiré a toujours été fascinée par le courage de la performeuse et le pouvoir artistique et révolutionnaire de son corps. Comme elle, elle prépare ses « exhibitions » publiques très en amont et avec le plus grand soin afin de limiter les situations périlleuses : « Une fois la détermination acquise, il ne devrait y avoir aucune limite en art. La mort est la seule limite que j'accepte » précise l’artiste. À Bâle sa performance « The Script System » lui a fermé les portes de la Foire sous prétexte que sa présence  était injuste pour les exposants qui ont payé leurs stands. On juge de ce qui serait arrivé à Paris où Steven Cohen a été poursuivi et condamné pour exhibition sexuelle au Trocadéro et où le « plug anal » de Mac Carthy a été vandalisé puis retiré par l’artiste. Preuve que le sexe demeure au centre des débats de la société et de l’art et que les réticences demeurent coriaces. Il reste toujours un horizon trop bas ou trop haut.


Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Allons donc jusqu'au bout du bout de l'art, cette limite n'étant que celle de la mort et transcrivons jusqu'au bout le "discours" de Milo, seule Vénus ovipare du monde de l'Art et la performance de l'artiste est donc que l'Art est fait mère et la question reste celle-ci: l'oeuf avant la poule ou la poule avant l'oeuf?
Pour résumé l'Art selon MM, il est donc fait de trous du cul et de cons!... Pris au premier degré, c'est un fait!... Au second, c'est un sujet de discussion qui fait sens... à Sion et ailleurs!

Écrit par : Père Siffleur | 02/11/2014

... Bien que femelle ovipare, MM est femme de nature humaine! Comme "toute une chacune", elle reste, contrairement à ce qui est dit dans le billet, non totalement libre!
Sa nudité lui permettrait d’affirmer sa féminité sans possibilité d'être niée. Pourtant, elle ne peut se défaire de certains accessoires typiquement féminins: elle porte talons hauts et ne sort jamais sans sac à main.
Un sac dans lequel, probablement, il y a une paire de bas de rechange. Ceux qu'elle n'a pas enfilés, mais qui pourraient filés!...

L’éternel féminin déguisé en Vénus ovipares… Ô vipère, le Diable se déshabille en Prada!

Écrit par : Père Siffleur | 02/11/2014

Milo Moiré est tout simplement divinement bellissima sans Prada sur le podium citadin quotidien . Au diable les esprits chagrins et les heurts siffleurs .

Écrit par : Villeneuve | 02/11/2014

Monsieur Villeneuve, (vous devez être un homme vu lecommentaire ci-dessus),

Où avez-vous lu que je ne trouvais pas Madame Moiré belle? Vous dites divine et je diable! N'avez-vous jamaie entendu parler de la beauté du Diable?
Mon propos n'étais en aucun cas de discuter de la plastique de la jeune femme, mais de faire la critique de la critique "artistique" et surtout dithyrambique de Monsieur JPGP au sujet d'un stripteaseuse dont la prestation ne relève que de l'esbrouffe. Et, pour ce genre de flafla "artistique", il est mieux que la Dame ait certains atouts à faire valoir.
Le jour où la "Vieille femme grotesque" ou "La Duchesse laide", tableau peint par Quentin Matsys au début du XVIème siècle sortira de sa toile* et fera telle Dame Moiré, on rediscutera d'Art!
Voir: http://en.wikipedia.org/wiki/The_Ugly_Duchess

* Il ne s'agit pas de la Toile actuelle, celle qui a permis d'augmenter considérablement la visibilété des frasques "poilantes" et à poil de la jolie potache, Dame Moiré.

Signé: Père Siffleur, esprit chagrin qui aura heurté l'amateur de "tableaux vivants"!

Écrit par : Père Siffleur | 03/11/2014

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